J'ai longtems cru que pour vivre, il fallait être heureux. Que si on était pas heureux, on n'avait pas le droit de vivre. Que la tristesse devait être bannie de notre monde. Que tout le monde était gai, enjoué, joyeux, et que cette facette optimiste était la condition sine qua none de la vie, des échanges sociaux, de l'insertion professionnelle... J'ai longtemps cherché à atteindre cet objectif de bonheur, pour m'intégrer, pour VIVRE, enfin! Non pas parce que je voulais être profondément heureuse, mais simplement parce que je désirais vivre. Devoir être heureuse pour avoir le droit d'exister, de vivre, de ressentir. Je ne me rendais pas compte que je n'étais pas la seule dans mon cas, qu'on était en fait des milliers voire des millions à ne pas comprendre comment marchait la Vie, comment la prendre, comment l'envouter avant qu'elle ne nous envoute, comment faire avec nos doutes, nos questions, nos peurs, nos envies, nos manques, ce qui nous taraude et nous empêche de dormir le soir, ou de nous lever le matin. Je me suis toujours crue seule à avoir mal, à ne pas comprendre. Parce que souvent, "l'essentiel est invisible pour les yeux", et non dicible. Les gens parlent rarement des choses profondes. Le corps parle, mais la gorge se tait. On ose pas demander de l'aide quand on en a besoin, car on vit dans une société où la puissance est valorisée, mais pas la force. Hippocrate a dit : "Notre force est notre meilleure médecine." Mais alors, pourquoi ne nous dit-on pas ce qu'il faut faire ? Parce que personne ne sait, et ceux qui savent ne sont pas écoutés. Nos conduits auditifs sont assourdis par le bruit ambiant des faussaires de discours.

 

Chaque être paie pour vivre, mais faire des efforts est gratuit.